Invités 2024

STÉPHANIE LEDU & STÉPHANE FRATTINI

Lors de cette troisième édition, nous avons accueilli en tant qu’invités d’honneur Stéphanie LEDU et Stéphane FRATTINI. Tous deux ont participé au plateau de télévision. Dans cet article, nous vous présentons un extrait de leur interview. Retrouvez l’interview complète en scannant le QR Code en bas de l’article ou en vous rendant sur notre site.

Alexia GAUTIER : En tant qu’invitée d’honneur, vous venez nous présenter cette grande collection qui s’adresse à un public à partir de 2 ans, est-ce que vous pouvez nous présenter votre collection et comment ça a commencé ?

Stéphanie LEDU : Avec plaisir ! Ça a commencé il y a un p’tit bout de temps maintenant. Je pense que le premier titre est sorti en 1999. L’idée conjointe, c’était une idée de notre éditrice et de nous-mêmes, où on avait envie de raconter le documentaire comme une histoire pour échapper à un type de documentaire plus classique où on avait deux pages, une thématique, on tourne et hop deux pages une thématique. Alors que là on voulait vraiment que l’enfant puisse recevoir le documentaire et l’information du monde comme une histoire, comme un album. Donc on a d’abord traité des thèmes dont on était sûr et qui intéresseraient les enfants : les dinosaures, les pompiers, les châteaux forts… Et puis, le succès venant, on s’est permis de traiter des thématiques un petit peu plus pointue car on est persuadés qu’il y a énormément de choses intéressantes et en les mettant à portée des enfants, qui sont curieux la plupart du temps, ils vont vers des choses auxquelles ils ne se seraient pas forcément intéressés au départ. On veut qu’ils aient une chouette boîte à outils en grandissant et qu’ils aient des bases sur pleins de sujets différents.

A.G : Et alors dans ces ouvrages, les illustrations, la maquette, les couleurs, les pop-up sont très importants. Pour vous en quoi c‘est presque essentiel pour raconter une histoire et la faire vivre aux yeux des parents comme des enfants d‘ailleurs ?

Stéphane FRATTINI : Quand on ouvre un livre pour enfants, ce qu’on voit d’abord c’est les images. Et en fait, l’enfant grandit, on lui raconte d’abord son histoire et il grandit avec l’image et on lui apprend l’image dès sa plus tendre enfance, il est habitué à lire des images. Nous on écrit pour les petits, donc il faut d’abord penser à ce que je montre. On écrit donc le texte mais on pense d’abord à comment je vais construire l’image. Pour les P’tits Docs, Stéphanie fait des petits crayonnés ultra précis. On donne ensuite à l’illustrateur tous les détails visuels. L’image n’est pas un simple support en attendant de savoir lire, elle vient compléter le texte.

A.G : L’image est une information, elle vient aussi compléter l’histoire ?

S.L : Tout à fait, à chaque fois qu’on conçoit un livre comme cette ‘encyclo des explorations’, c’est une collection qu’on écrit ensemble avec Stéphane, on essaie vraiment de faire en sorte que l’image et le texte se correspondent et soient en dialogue. On aime que les images soient rêveuses, on a envie d’être dans les images avec ces gens, chaque image est travaillée. Et en tant que documentariste, on a tout un travail aussi. On fait très attention aussi à ce que l’image soit juste. Ce travail est fait de façon extrêmement pointue pour toutes les images.

A.G : Dans le choix des thématiques, car il y a des thématiques très vastes, très actuelles, mêmes sociales je crois dans votre collection, est-ce qu’il y a des thématiques qui vous tiennent particulièrement à cœur et également quelles sont vos inspirations ?

S.L : Je crois que ce qui nous inspire au quotidien c’est de se dire “Curieux un jour, curieux toujours !” Tous les deux, on est très curieux et on pense vraiment que c’est une qualité, que c’est quelque chose qu’il faut cultiver dès le plus jeune âge jusqu’à la fin de sa vie. Globalement tout nous intéresse mais moi j’adore travailler sur tout ce qui est nature, écologie, respect de la nature… Pour moi c’est toujours essentiel d’être au niveau de l’enfant et d’apprendre des choses de façon légères avec un peu d’humour et dire “La vie c’est chouette, regarde tout ce que l’on peut apprendre !” C’est ce qui explique cette grande diversité de thèmes que l’on a pu traiter tout au long des années.

S.F : J’étais dans une classe de 6ème il n’y a pas si longtemps que ça. On a fait un livre sur la mythologie, et je leur dis “Est-ce que vous connaissez Harry Potter?” tout le monde me dit “Oui bien-sûr !”. Alors je leur dis “Est-ce que vous connaissez Hagrid ?” “Oui bien-sûr !” et je leur dis donc “Regardez si on remonte à l’époque Antique c’est les mêmes personnages. Si on sait des choses, on a plus de connaissances donc plus de recul aussi. C’est pour ça que le documentaire est très important. […]

A.G : Vous êtes tous les deux auteurs, vous aussi Stéphane vous venez présenter un livre Le chat qui n’avait jamais vu un chat. Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu l’histoire ?

S.F : Une fois en passant dans la rue, j’ai vu un chat derrière une fenêtre dans un immeuble qui regardait dehors. Et je me suis dit “Imaginons que ce chat ait été adopté très jeune, il vit dans cette famille, dans cet appartement où il ne peut pas sortir, comment il peut savoir que c‘est un chat et pas un humain raté ? Et finalement il peut se poser plusieurs questions et voilà comment est née cette histoire. C‘est le plaisir de l‘album. On parle de la rigueur du documentaire mais l‘album on fait ce qu‘on veut, tout est permis.

A.G : Avoir choisi un chat, est-ce que c‘est parce que vous aimez spécifiquement cet animal ?

S.F : Oui on a deux chats Stéphanie et moi, et on vit chez eux (RIRES). J‘ai eu l‘occasion d‘écrire beaucoup de documentaires sur les chats. C‘est amusant aussi de se servir de ce qu‘on connaît en documentaire pour se dire “Tiens, ça j‘en ferais bien une histoire !“

A.G : Quand vous avez pensé à cette série Les P‘tits Docs, avez-vous pensé aux parents?

S.L : Oui tout à fait. Moi je suis maman aussi et je me rendais compte quand mon fils était petit que parfois je m’ennuyais un peu en lisant le bouquin ou alors j’en avais assez de le lire (RIRES). Les Ptits Docs, c’est des bouquins qui vont être lus à voix haute donc quand j’écris, Stéphane passe à côté de mon bureau et m’entends parler toute seule (RIRES). Et je lis mes textes à voix haute pour être sûre que ça va être facile et agréable à lire. Parce que c’est vrai que si la phrase est trop longue ou si il y a un mot trop compliqué ça va pas être très amusant pour les parents. Et j’essaie de faire en sorte que les parents apprennent ou révisent des choses en même temps que leur enfant. En fin de compte en écrivant un P’tit doc j’apprends de nouvelles choses. […] J’aime beaucoup cette idée de partage en famille autour du livre. […]

A.G : J’imagine que vous avez aussi conçu ces ouvrages comme une sorte de prélude aux rêves avant de s’endormir ?

S.L : Oui ! Les deux dernières pages j’essaye toujours de les travailler avec quelque chose d’un peu rêveur. Et en fin de compte, nous aussi le soir avant de dormir on a envie d’attraper son roman car ça nous aide à rentrer dans la nuit, le sommeil… Finalement, ça nous déconnecte de notre journée et je pense que pour les enfants c’est pareil. Il faut que cela se termine sur une note douce, un peu rêveuse. Et je trouve que tout ces bouquins jeunesse c’est un peu comme des petites boules de bonheur et je pense qu’il faut le conserver.

A.G : Et pour vous Stéphane c’est le même sentiment ?

S.F : Oui, j’ai le même sentiment. J’étais en train de penser, on a des amis qui ont des enfants âgés de 7 et 10 ans. Et la dernière fois on a eu une conversation et il m’a dit “Oui je veux bien aller à la bibliothèque mais s’il-te-plaît, pas de livres sur le réchauffement climatique.” Et je me suis dit mais bon sang mais oui il y a des sujets qui sont effrayants pour nos enfants dont ils n’ont pas envie d’entendre parler. Donc oui, c’est important de garder cette bulle.

A.G : Vos ouvrages ont quand même un fil rouge, c’est qu’on doit toujours avoir l’envie de s’interroger de s’émerveiller de tout.

S.F : Oui on essaye toujours de prendre l’enfant au sérieux. Un enfant c’est une personne comme une autre. On lui apprend de nouvelles choses. On se bat avec les éditeurs car pour nous les éditeurs ont de plus en plus tendance à se dire “Ce mot là est trop compliqué !“ Non ! Ce mot là il est juste. Donc si l’enfant ne lit pas ce mot dans ce contexte là, il l‘apprendra plus tard et c‘est dommage ! C‘est aussi prendre l‘enfant au sérieux.

A.G : Alors c‘est une question un peu difficile, puisque j‘imagine que vous portez la même attention à toutes les thématiques, les histoires, mais est-ce qu‘il y a une histoire, une thématique que vous aimez particulièrement ? Respectivement l‘un comme l‘autre ou alors c‘est très difficile de choisir ?

S.F : Moi j‘aime bien l‘Histoire. J‘aime bien quand il y a quelque chose à remonter, un fil à tirer. Donc on a cette collection qui s‘appelle Mes Encyclos Ptit‘s Docs. On a fait l‘histoire de la médecine, l‘histoire de l‘art, l‘histoire des transports etc. Et moi j‘aime beaucoup tirer ces fils et rendre l‘histoire concrète.

A.G : Et vous Stéphanie ?

S.L : Alors moi j‘aime beaucoup l‘Histoire, j‘aime beaucoup aussi les destins personnels. Donc là j‘ai écrit un livre sur Joséphine BAKER, et là je suis en train d‘en écrire un sur Anne FRANK. On se laisse vraiment porter par les parcours c‘est vraiment très intéressant. Et sinon petit joker, j‘adore les chevaux. J‘adore écrire sur les poneys et les chevaux. Et dès qu‘il y a une petite fille qui arrive en dédicace et que l‘on se rend compte qu‘on est cavalière toutes les deux, alors là c‘est la fête ! C‘est merveilleux ! (RIRES)

S.F : Quelque chose qui est amusant aussi, on écrit beaucoup tous les deux sur les dinosaures, ça fait longtemps. Moi le premier que j‘ai écrit cela doit faire plus de 30 ans. Et les dinosaures c‘est un sujet où l‘on apprend tout le temps de nouvelles choses. En moyenne, on découvre une nouvelle espèce de dinosaures par mois dans le monde. Donc c‘est vraiment une science qui évolue vite. Et je suis vraiment frappé de ça ! C‘est à dire qu‘il y a 30 ans, je lisais mes documents disant que les dinosaures avaient disparu et aujourd‘hui on sait que les dinosaures n‘ont pas disparu mais que tous les oiseaux qu‘on voit sont des dinosaures. C‘est aussi amusant de se tenir informé sur ce sujet là. C‘est un sujet que l‘on suit. Tous les 2/3 ans on fait un livre sur les dinosaures et à chaque fois on apprend de nouvelles choses.

A.G : Dernière question , quels sont vos projets ? Quels vont être vos nouveaux champs d‘exploration ? Avez-vous d‘autres histoires qui vous viennent en tête ? Quels sont vos projets pour la suite ?

S.L : Moi je vais essayer de développer une nouvelle collection plus axée sur la nature et probablement sur les animaux, végétaux. Vraiment dans le sens du respect et de la protection car on voit qu’il faut vraiment transmettre ça de manière urgente et dès le plus jeune âge. Et je vais continuer Les Ptit’s Docs.

A.G : Et pour vous Stéphane ?

S.F : Moi je continue le documentaire mais j’ai aussi très envie de créer des fictions. J’ai très envie de créer des petits personnages et de suivre leurs aventures dans des histoires avec plusieurs thèmes. Donc voilà je vais essayer ça !

A.G : On vous souhaite bonne chance pour la suite, pleine de nouvelles aventures ! Merci infiniment d’avoir été avec nous et peut-être à l’année prochaine pour la quatrième édition !

S.L & S.F : Merci à vous ça sera avec un immense plaisir.

Entretien avec : Nos invités d'honneur, Stéphanie Ledu et Stéphane Frattini